Strike Back, un guilty pleasure efficace

Strike Back a définitivement baissé le rideau au terme de sa cinquième saison (Edit : en fait non, la série est revenue avec une nouvelle équipe à l’automne 2017), l’occasion de revenir sur ce généreux guilty pleasure estival.

La série se veut une adaptation du roman éponyme de Chris Ryan1Un ancien des forces spéciales britanniques. et nous propose de suivre la Section 20, une division des services secrets britanniques que les opérations conduisent aux quatre coins du monde.

Damien Scott (Sullivan Stapleton) & Michael Stonebridge (Philip Winchester)
Damien Scott (Sullivan Stapleton) & Michael Stonebridge (Philip Winchester)

Sa première saison – diffusée en 2010 – est une production 100% britannique en six épisodes assez premier degré et diffusée sur Sky1.
Lorsqu’elle fut renouvelée pour une seconde saison, la série devint une co-production internationale avec l’entrée au financement de la chaîne du câble américain Cinemax2La chaîne du groupe HBO à qui l’ont doit notamment Banshee et The Knick..
Strike Back est alors repensée de fond en comble au point que les premières minutes de la nouvelle saison se sentent obligées d’annoncer ce changement de manière aussi pachydermique que possible avec une scène de sexe assez racoleuse, encore que celle-ci caractérise finalement assez bien les deux nouveaux personnages principaux, le beauf américain (Sullivan Stapleton) et le gentleman British (Philip Winchester) ce dernier faisant passablement penser à une sorte de James Bond qui aurait passé un peu trop de temps sur un banc de muscu.

A mes yeux, depuis cette seconde saison, Strike Back est devenue une sorte de Banshee avant l’heure, à savoir une série bourrée d’action, fun et décomplexée.
Banshee a depuis été nettement plus loin aussi bien sur le fond que sur la forme mais Strike Back n’en demeure pas moins une série tout à fait digne d’intérêt.

Strike Back

Le fait qu’elle fut systématiquement tournée en dehors des Etats-Unis et (accessoirement) de l’Europe occidentale lui donne un cachet très particulier qui peut à lui seul justifier son visionnage.
En effet, la série a été tournée en Hongrie et surtout en Afrique du Sud et c’est évidemment cette dernière qui nous offre les décors les plus originaux, en parvenant à nous transporter de l’Irak au Zimbabwe en passant par le Darfour ou encore la Somalie.
Ces décors atypiques apportent un vrai vent de fraîcheur au milieu de la multitude de séries tournées aux Etats-Unis ou au Canada.

Pour sa cinquième et dernière saison essentiellement tournée en Thaïlande, la série s’offre une guest star plutôt cool en la personne de Michelle Yeoh mais surtout une conclusion satisfaisante au terme d’un double épisode franchement efficace3Avec quelques séquences qui ne sont pas sans rappeler Piège de Cristal (Die Hard.

Pour l’anecdote, cette ultime saison initialement prévue pour l’été 2014 est arrivée avec une année de retard suite à la blessure de Sullivan Stapleton à la tête après que celui-ci soit tombé d’un tuk-tuk sur son temps perso (!?! – No comment –).

Strike Back

A noter qu’il se murmure que la série pourrait revenir sous la forme d’un film avec pour ambition à peine dissimulée de devenir une franchise récurrente.

P’tit Quinquin, Twin Peaks au pays des ch’tis

P’tit Quinquin est une série policière suivant un duo de flics aussi improbable que manifestement incompétent, deux gendarmes perdus au milieu de personnages tous plus étranges les uns que les autres et de crimes qui se révèlent à l’avenant.

"Gendarmerie Nationale quand même ! Donc... euh... bon..."
« Gendarmerie Nationale quand même !
Donc… euh… bon… »

En parallèle de l’enquête, on s’intéresse au p’tit Quinquin et à sa bande de copains qui tentent de braver l’ennui dans la torpeur estival.
Le titre et l’étrangeté du récit qui présente tous les personnages comme de quasi-extra-terrestres à l’exception notable de la mère et des amis du jeune garçon laissent penser que le récit est peut-être la manière dont celui-ci se souvient des événements de cet été-là.
Un regard enfantin qui serait parvenu à transformer un sordide fait divers en véritable récit onirique.

Rien dans les quatre épisodes que compte P’tit Quinquin ne viendra jamais confirmer – ni infirmer – cette hypothèse et on peut très bien voir la série pour ce qu’elle est avant tout, à savoir une formidable comédie policière burlesque peuplée par une galerie de personnages que nous ne sommes pas près de revoir de sitôt à la Télévision.

Au delà de la puissance évocatrice de son histoire, Bruno Dumont réalise un véritable tour de force dont lui seul à le secret au niveau du casting et de la direction d’acteur.
Les personnages sont campés par des amateurs mais cela n’empêche jamais l’auteur-réalisateur d’obtenir des performances absolument démentes4Toutes sont vraiment très bonnes mais j’avoue que Bernard Pruvost qui incarne le commandant Van der Weyden m’a totalement scotché ! Ses tics, sa démarche, son élocution… Il est tout simplement bluffant ! qui sonnent malgré tout parfaitement juste dans l’univers surréaliste qu’il dépeint.

A ce niveau, ce n’est pas simplement exceptionnel, cela relève pratiquement du miracle pur et simple.

Ptit Quinquin avec Eve son amoureuse
Ptit Quinquin avec Eve son amoureuse

Le résultat est une œuvre profondément singulière à laquelle il faut absolument laisser sa chance.
Personnellement, j’ai été totalement happé par cette histoire et j’avoue même avoir pleuré de rire devant l’audace – voire la folie absolue – de certaines séquences5En vrac : La scène de l’église, la voiture à deux roues, les répliques autour des vaches folles et carnivores, la rencontre avec le procureur, l’évocation grossière du peintre Rubens, les cascades de Van der Weyden… J’en passe et des meilleures..

Si, comme moi, vous êtes honteusement passé à côté de P’tit Quinquin lors de sa diffusion à la rentrée 2014 sur Arte, c’est le moment de vous rattraper6Les coffrets DVD ou Blu-ray peuvent faire un super cadeau de Noël même si l’option iTunes reste la moins onéreuse. !

Sonarr, une alternative moderne à Sick Beard

Il y a quelques mois, je vous présentais Sick Beard, un logiciel qui se proposait de chercher et télécharger les nouveaux épisodes de vos séries favorites.

Je ne vais pas revenir sur les questions de légalité qui l’entoure, je me contenterai simplement de rappeler que ce type d’outils répond à une forte demande que l’offre légale n’adresse toujours pas aujourd’hui.
L’arrogance des grands pontes de Netflix qui vont jusqu’à revendiquer le fait de ne pas proposer de mode permettant de regarder leurs contenus hors ligne – pour un visionnage dans les transports en commun par exemple – laisse penser que le chemin à parcourir est encore colossal7Leur argument étant que nous sommes trop stupides pour comprendre comment nous en servir.
A noter tout de même que Canalplay propose un mode hors ligne depuis décembre 2014 tandis qu’Amazon Prime Video (qui reste pour le moment limité au marché américain) s’y est mis le mois dernier.
.

Bref, revenons au sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

Si Sick Beard n’a rien perdu de son efficacité, il souffre néanmoins d’une ergonomie sérieusement datée, à tel point qu’il est pratiquement inutilisable sur un écran de smartphone et assez peu optimisé pour les interfaces tactiles en général8Sick Beard a clairement été développé pour les navigateurs de bureau et n’a jamais véritablement cherché à combler cette lacune depuis..

Lire la suite …

Rebond : « Peak TV: un nouveau normal pour la critique » (Sullivan Le Postec)

Très bon papier de Sullivan Le Postec9Sullivan est scénariste. Il est accessoirement ancien membre du Front de Libération Télévisuelle et rédac chef du Village (2007-2012). sur la notion de « Peak TV » qui fait le buzz depuis que John Landgraf10Landgraf est le patron de la chaîne FX (The Shield, Rescue Me, Sons of Anarchy). l’a théorisée il y a quelques semaines.

J’ai néanmoins envie de rebondir sur un point sur lequel je suis moins optimiste que Sullivan :

(…) La très grande abondance de la production télévisuelle me semble un phénomène appelé à se pérenniser. En cela, la série ne fait que rejoindre le reste de la production culturelle. Il est impossible de lire tous les romans qui paraissent en France – encore moins si on tentait de suivre en temps réel ceux qui paraissent à l’étranger – comme de voir tous les films qui sortent, ou d’écouter toute la musique qui est produite dans le monde. (…)

Sur le papier, j’ai envie de rejoindre cet argument. Cela dit, comme je l’évoquais cet hiver, je ne suis pas certain que le modèle économique actuel des séries soit vraiment en mesure de soutenir une telle abondance sur la durée.
En effet, les ventes de supports physiques poursuivent leur inexorable effondrement tandis que les plus jeunes (les fameux digital natives) regardent de moins en moins la télévision11Pour ne pas dire qu’ils ne la regardent tout simplement plus..
Deux tendances de fond qui n’ont aucune raison de s’inverser.

Lire la suite …

The Good Wife : le conflit Margulies/Panjabi et la saison 6

51 ! Oui, cinquante et un ! C’est le nombre d’épisodes durant lesquels Kalinda et Alicia ne sont jamais apparues à l’écran ensemble.
En effet, avant l’ultime épisode de la saison 6, leur dernière apparition commune remontait au 14ème épisode de la saison 4.
C’était le 17 février 2013.

Cet article est garanti sans spoiler.

La brouille entre Julianna Margulies (Alicia) et Archie Panjabi (Kalinda)

Le « problème » est que la scène qu’elles partagent enfin a été truquée. Vous lisez bien, Entertainment Weekly confirme que les deux actrices n’ont pas tourné la scène ensemble et que nous ne devons l’illusion qu’à un tour de passe-passe réalisé en post-production.
Devant la scène, j’avais trouvé les champs contre-champs assez louches, mais les quelques plans larges dans lesquels on voyait Alicia et Kalinda avait achevé de me convaincre que j’étais simplement en train de sombrer dans le complotisme niais.
Mais non, mon intuition initiale était pourtant bien la bonne, les deux comédiennes n’ont toujours pas réellement tourné une scène ensemble !

Lire la suite …