Plex, future porte d’entrée vers les services de streaming ?

Depuis quelques mois, Plex1Que j’aime présenter comme le Netflix de vos contenus. s’est aventuré en dehors de sa zone de confort en intégrant des contenus n’appartenant pas à ses utilisateurs.

Le service avait tenté une expérience intéressante avec Vevo en 2015, mais celle-ci avait été abandonné après seulement une petite année. L’idée était alors de proposer des vidéos Vevo associées aux artistes présents dans votre bibliothèque musicale.

Après le rachat en 2017 de la start-up Watchup, Plex a lancé Plex News qui propose de délinéariser l’accès à l’actualité tout en vous proposant des news sur les sujets qui vous intéressent réellement. A ce jour, il me semble que ce service reste uniquement disponible en anglais.

En 2018, les podcasts ont fait leur apparition. Les web shows sont ensuite arrivés à l’automne suivis de près par un partenariat techniquement – nettement plus intéressant pour l’avenir – avec le service de streaming musical Tidal2Même si Tidal reste un acteur marginal de son secteur face à Spotify, Deezer ou encore Apple Music..

En toute transparence, jusqu’à présent, je n’ai utilisé aucune de ces options, j’ai même été jusqu’à les désactiver totalement.

Néanmoins, ces intégrations sont intéressantes car elle marque la volonté de Plex d’aller vers de l’agrégation de contenus issus de différentes sources et l’intégration de Tidal a marqué une avancée majeure dans la mise en œuvre de cette stratégie puisqu’elle est synonyme de gestion des DRM au sein même de Plex.

Un tel ajout ouvre énormément de possibilités sur le papier. Comme je l’écrivais il y a peu, l’offre de streaming est devenue très riche et le besoin de services permettant d’agréger les contenus des différents services3Tel que l’application TV d’Apple. est de plus en plus prégnant.

Tout récemment, les dirigeants de Plex ont révélé que répondre à ce besoin était justement leur ambition.

« Le marché va dans cette direction, les gens dans l’industrie comprennent qu’il y a trop de services, trop de silos. Vraiment trop, c’est de la folie. Du coup, si il y a un moyen d’accéder aux utilisateurs – d’une manière qui plaisent à ces derniers – ils sont partants. »

Keith Valory (PDG de Plex)

Plex espère démarrer ce type d’intégration dès cette année.

Soyons clairs, je ne m’attends pas à accéder depuis Plex à mes contenus Netflix avant un moment (pour autant que cela arrive un jour…) mais je ne serais pas surpris de voir de plus petits services jouer le jeu.

Même si les gros acteurs du streaming feront sans doute tout pour nous conserver dans leurs propres applications, cela reste le sens de l’histoire et Plex est un client très intéressant pour jouer ce rôle d’agrégateur. En effet, il serait en mesure d’utiliser vos propres contenus pour vous proposer des programmes susceptibles de vous plaire sur les différents services auxquels vous êtes abonnés.

La question des données personnelles

Ce sujet soulève des questions concernant l’utilisation de nos données personnelles. Les services de streaming disposent déjà de beaucoup d’informations sur les goûts de chacun de leurs utilisateurs4Ce que l’on regarde – et quand on le regarde – dit beaucoup sur qui nous sommes..
Un service capable d’agréger les contenus auraient potentiellement des profils encore plus complets. Pour peu qu’il parvienne à lier ces informations à nos comptes sur les réseaux sociaux, le résultat pourrait être particulièrement séduisant pour les publicitaires (et potentiellement désastreux pour ceux qui n’ont pas envie d’être tel un livre ouvert lorsqu’ils surfent sur le web…).

Le fait que Plex prévoit officiellement des offres gratuites supportées par la publicité ne rassure pas franchement.

Ce sujet est particulièrement complexe car il ne semble pas y avoir de bonne solution.
Soit l’agrégateur dispose de toutes vos informations et il est alors en mesure de vous proposer des recommandations pertinentes (mais également de vendre vos données personnelles au plus offrant), soit il se comporte comme un simple tuyaux, vos données sont alors protégées mais vous pourrez également dire adieu aux recommandations personnalisées croisées entre vos différents services.

Même si Plex limitera sans doute son hypothétique service aux Etats-Unis (c’est plus simple et accessoirement le RGPD ne s’y applique pas), cela fait tout de même plaisir de constater que ce sujet de l’agrégation des contenus est pris à bras le corps par un tel acteur.

Ma Smart TV, cet espion qui voulait tout savoir

Le titre est choc mais la récente interview de Bill Baxter – directeur de la technologie du fabricant de téléviseurs Vizio – confirme que cela ne relève pas d’un simple accès de paranoïa.

Le monsieur explique sans sourciller que l’industrie des téléviseurs a des marges extrêmement faibles (de l’ordre de 6%) et qu’il n’a pas besoin de gagner d’argent sur la vente des téléviseurs, il doit juste couvrir ses coûts de production.

« So look, it’s not just about data collection. It’s about post-purchase monetization of the TV. (…) This is a cutthroat industry. It’s a 6-percent margin industry, right? I mean, you know it’s pretty ruthless. You could say it’s self-inflicted, or you could say there’s a greater strategy going on here, and there is. The greater strategy is I really don’t need to make money off of the TV. I need to cover my cost. (…) You sell some movies, you sell some TV shows, you sell some ads, you know. « 

Bil Baxter (CTO de Vizio)

Dans les faits, Vizio est capable d’analyser en permanence le contenu affiché par le téléviseur afin, par exemple, d’afficher de la publicité ciblée.

Ce phénomène n’est pas nouveau, dès 2017, Vizio a même été condamné par la FTC5Commission fédérale du commerce aux Etats-Unis pour des activités similaires.
En effet, en 2014, le fabricant avait activé sur ses téléviseurs ce type de mouchards6Appelons un chat un chat… sans en informer les utilisateurs. Les données étaient ensuite revendues à des tiers dans la plus grande opacité.
Pour couronner le tout, l’envoi des données vers les serveurs du fabricant n’était pas correctement sécurisé.

A noter que Vizio n’est pas un cas isolé. Dès 2013, le coréen LG s’était vu également épinglé.

Les interfaces de Vizio et LG sont basées sur Android (comme de plus en plus de téléviseurs et boxes). A l’évidence, il est donc plutôt aisé pour n’importe quel fabricant d’intégrer ce genre de technologies d’espionnage sur son matériel.

Nilay Patel, rédacteur en chef de The Verge, notait au début du mois que la télévision Vizio de ses parents accédait à Internet en quasi permanence (l’analyse a été faite sur une semaine et, en moyenne, la télévision a accédé à internet 1,14 fois par seconde !), bien plus que n’importe quel autre appareil de la maison.

Depuis la condamnation de Vizio en 2017, les fabricants sérieux offrent la possibilité de désactiver ce type de « fonctionnalités » dans les options mais, vous l’aurez compris, ce n’est pas franchement dans leur intérêt que vous le fassiez.
Du coup, cette possibilité est bien souvent enterrée au fin fond d’obscurs menus.

A bon entendeur…

L’offre légale est enfin à la hauteur

A l’ouverture de SérieTech il y a 5 ans, j’étais extrêmement critique concernant l’offre légale en matière de séries.
A cette époque – pourtant pas si lointaine – il était bien difficile de suivre l’actualité séries sans avoir à passer du côté obscur.

Le coup de pied dans la fourmilière de Netflix

C’est peu dire que la situation a évolué depuis. La révolution (car c’en est une) a été rapide et profonde et le point de départ de cette nouvelle aire coïncide, et ce n’est définitivement pas un hasard, avec l’arrivée de Netflix dans l’hexagone en septembre 2014.

A son lancement, le catalogue français du géant était plutôt modeste mais il a rapidement évolué notamment par l’intermédiaire d’une forte croissance en matière de productions originales mais également avec quelques accords bien sentis (Better Call Saul, Fargo, La Casa de Papel et accessoirement les séries France Télévisions7A l’inverse, France Télévisions a un gros travail à faire pour garder un peu d’exclusivité sur ses programmes. Le groupe public a annoncé le 11 janvier qu’il avait justement signé un nouvel accord visant à adresser le problème.).

A peine diffusée à la TV, Dix pour cent est déjà sur Netflix
A peine diffusée à la TV, Dix pour cent est déjà sur Netflix

Le géant américain propose une offre riche, des applications bien pensées8Même si il a fallu attendre beaucoup trop longtemps pour obtenir la possibilité de télécharger des contenus pour un visionnage hors ligne. C’est vraiment la seule fonctionnalité clé sur laquelle Netflix a été sévèrement à la traîne. et un moteur de recommandations d’une efficacité redoutable.
Bref, en seulement quelques années, Netflix a réussi son pari et s’est rendu quasiment indispensable pour les sériephiles.

Bien que Netflix s’affiche clairement comme le fer de lance du secteur, mon inquiétude de voir apparaître un monopole s’est dissipée.

La renaissance de Canal+ via MyCANAL

En effet, même si le groupe Canal+ connaît des difficultés (celles-ci se sont accélérées depuis l’arrivée d’un certain Vincent Bolloré aux manettes), MyCANAL a su tirer son épingle du jeu.

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Sonarr, une alternative moderne à Sick Beard

Il y a quelques mois, je vous présentais Sick Beard, un logiciel qui se proposait de chercher et télécharger les nouveaux épisodes de vos séries favorites.

Je ne vais pas revenir sur les questions de légalité qui l’entoure, je me contenterai simplement de rappeler que ce type d’outils répond à une forte demande que l’offre légale n’adresse toujours pas aujourd’hui.
L’arrogance des grands pontes de Netflix qui vont jusqu’à revendiquer le fait de ne pas proposer de mode permettant de regarder leurs contenus hors ligne – pour un visionnage dans les transports en commun par exemple – laisse penser que le chemin à parcourir est encore colossal9Leur argument étant que nous sommes trop stupides pour comprendre comment nous en servir.
A noter tout de même que Canalplay propose un mode hors ligne depuis décembre 2014 tandis qu’Amazon Prime Video (qui reste pour le moment limité au marché américain) s’y est mis le mois dernier.
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Bref, revenons au sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

Si Sick Beard n’a rien perdu de son efficacité, il souffre néanmoins d’une ergonomie sérieusement datée, à tel point qu’il est pratiquement inutilisable sur un écran de smartphone et assez peu optimisé pour les interfaces tactiles en général10Sick Beard a clairement été développé pour les navigateurs de bureau et n’a jamais véritablement cherché à combler cette lacune depuis..

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Rebond : « Peak TV: un nouveau normal pour la critique » (Sullivan Le Postec)

Très bon papier de Sullivan Le Postec11Sullivan est scénariste. Il est accessoirement ancien membre du Front de Libération Télévisuelle et rédac chef du Village (2007-2012). sur la notion de « Peak TV » qui fait le buzz depuis que John Landgraf12Landgraf est le patron de la chaîne FX (The Shield, Rescue Me, Sons of Anarchy). l’a théorisée il y a quelques semaines.

J’ai néanmoins envie de rebondir sur un point sur lequel je suis moins optimiste que Sullivan :

(…) La très grande abondance de la production télévisuelle me semble un phénomène appelé à se pérenniser. En cela, la série ne fait que rejoindre le reste de la production culturelle. Il est impossible de lire tous les romans qui paraissent en France – encore moins si on tentait de suivre en temps réel ceux qui paraissent à l’étranger – comme de voir tous les films qui sortent, ou d’écouter toute la musique qui est produite dans le monde. (…)

Sur le papier, j’ai envie de rejoindre cet argument. Cela dit, comme je l’évoquais cet hiver, je ne suis pas certain que le modèle économique actuel des séries soit vraiment en mesure de soutenir une telle abondance sur la durée.
En effet, les ventes de supports physiques poursuivent leur inexorable effondrement tandis que les plus jeunes (les fameux digital natives) regardent de moins en moins la télévision13Pour ne pas dire qu’ils ne la regardent tout simplement plus..
Deux tendances de fond qui n’ont aucune raison de s’inverser.

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