Adaptée du roman éponyme publié en 2008 par Christos Tsiolkas, La Gifle (The Slap) est une mini-série en huit épisodes (55 minutes par épisodes en moyenne) qui nous vient tout droit du pays des koalas. Enfin tout droit, c’est un peu vite dit puisqu’elle fut diffusée en Australie en 2011 pour n’arriver en France qu’à la rentrée dernière sur Arte.

La principale particularité de la mini-série est qu’elle est bâtie autour d’une contrainte formelle qui consiste à présenter chaque épisode au travers du point de vue de l’un de ses personnages. Un procédé qui n’est évidemment pas nouveau1 mais que La Gifle exploite à merveille tout en parvenant à conserver une vraie unité dans son intrigue générale2.

Melissa George dans The Slap

L’épisode d’ouverture se déroule le jour des 40 ans d’Hector3. A cette occasion, son épouse4 organise une petite fête à laquelle quelques proches et amis du couple sont conviés.
Il est rapidement évident que le couple est en difficulté et qu’Hector – en pleine crise de la quarantaine – n’est pas loin de succomber aux charmes de leur jeune babysitteur qui n’a pas encore la moitié de son age.

L’évènement clé de la série – vous vous en doutez sans doute – est une gifle que l’une des personnes présentes à l’anniversaire donnera à un enfant.
C’est cette fameuse gifle qui va faire basculer l’ensemble des relations entre les différents personnages, une (r)évolution que les épisodes suivants explorerons brillamment en creusant le sillon de la thématique principale (la difficulté à accepter le temps qui passe).

Tony Briggs et Anthony Hayes dans La Gifle

Une autre particularité de la mini-série est qu’elle parvient à dresser des portraits convaincants de personnages issus de générations différentes grâce à une qualité d’écriture assez bluffante qui rend ces huit heures construites autour d’une simple gifle absolument passionnantes.

Alors, il y a bien quelques petits scories comme cette voix-off un peu facile5 ou encore le grand écart assez drastique dans l’évolution de l’un des personnages adolescents en l’espace d’une petite demi heure (c’est d’ailleurs le seul moment où le fait d’avoir choisi de centrer chaque épisode sur le point de vue de l’un des personnages conduit les auteurs à quelques facilités narratives), mais cela reste finalement assez anecdotique à côté de tout ce que La Gifle réussie.

A noter que la chaîne américaine NBC vient tout juste de commander un remake sur le même format (8 épisodes) dont j’avoue avoir quelques difficultés à saisir l’intérêt.
La série originale est récente, en anglais, avec quelques comédiens que le public américain connaît bien6 et son sujet est assez universel. Difficile dans ces conditions de justifier la mise en chantier d’un remake…

Anthony LaPaglia et Sophie Lowe dans La Gifle

Quoi qu’il en soit, si vous ne l’avez pas déjà fait, c’est vraiment très chaleureusement que je vous recommande de découvrir La Gifle au plus vite !

La série est disponible en VOD sur le site d’Arte ainsi que sur iTunes. Les amateurs de supports physiques pourront se tourner vers le DVD (une édition Blu-ray arrive en Allemagne dans quelques jours pour sensiblement le même prix).


  1. Sans forcément remonter très loin, on pense forcément à Skins
  2. Seul l’épisode 6 (Manolis) m’a semblé un cran en dessous en terme de continuité ce qui le rend du coup presque dispensable. 
  3. Incarné par Jonathan LaPaglia, vu notamment dans New York Undercover et The District et frère d’Anthony (Without a Trace). 
  4. Campée par Sophie Okonedo (Hotel Rwanda). 
  5. Mais qui heureusement sait se faire de plus en plus discrète à mesure que la série progresse. 
  6. Aux côtés de Jonathan LaPaglia et Sophie Okonedo, on retrouve également l’excellente Melissa George (vue dans Alias, Hunted ou encore la cinquième saison de The Good Wife). 

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